SOURCE DE L’ARTICLE : QUOTIDIAG

Grave risque d’exposition à l’amiante pour les plombiers, chauffagiste et électriciens

Les plombiers-chauffagistes-électriciens (PCE) sont très exposés à l’amiante, et ce risque est largement sous-estimé. La DREETS Pays de la Loire vient de publier un bilan inquiétant après une action de contrôle menée en 2021.

Prévention du risque amiante pour les plombiers, chauffagiste et électriciens

Les services de l’inspection du travail ont contrôlé les entreprises de plombiers-chauffagistes-électriciens (PCE). En effet, « ces professionnels se situent dans la catégorie des plus exposés à l’amiante », explique la DREETS Pays de la Loire. Conclusion ? Eh bien, rien ne va, qu’il s’agisse de l’information, de la sensibilisation, de la prévention ou de la réglementation.

Méconnaissance des obligations de RAT

80% des entreprises contrôlées interviennent pour réaliser des travaux de rénovation à la demande de particuliers. Le risque d’être confronté à des MPCA (matériaux ou produits contenant de l’amiante) est donc important. Or, et c’est le 1er constat, les donneurs d’ordre particuliers méconnaissent l’obligation de repérage amiante avant travaux (RAT).

Prise en compte de la présence d’amiante

Les PCE ne connaissent pas l’étude sur l’exposition à l’amiante des plombiers chauffagistes de 2013, publiée par l’INRS, la CAPEB et l’IRIS-ST. Selon cette campagne de mesures, menée avec des badges de prélèvement, « 40% des individus exposés pensaient ne jamais avoir été en contact avec des fibres d’amiante ». La situation semble n’avoir guère changé. De nombreuses entreprises disent ainsi ne pas se préoccuper de la présence d’amiante.

Manquement à l’évaluation des risques

Le DUERP n’a été réalisé que par 2/3 des entreprises, et souvent sans évaluer le risque amiante. Les employeurs ne respectent donc pas l’obligation de sécurité et de protection de la santé des salariés. D’ailleurs, dans 85% des entreprises, la formation au risque amiante n’a pas été dispensée au personnel. Enfin, « la quasi-totalité des entreprises contrôlées » s’est abstenu d’élaborer le mode opératoire pour les interventions de sous-section 4.

Ni EPI, ni moyen de décontamination

80% des employeurs ne disposent pas d’équipements de protection individuelle (EPI). Les 20% restants confondent les EPI avec les équipements de protection des voies respiratoires. Assez logiquement, il n’y a pas non plus de moyens de décontamination lors des interventions sur des MPCA. Enfin la gestion des déchets est à l’avenant. Au lieu d’orienter les déchets amiantés vers la filière appropriée de traitement, les entreprises les laissent au client, les déposent en déchetterie ou, plus rarement, les stockent dans leurs locaux.

Action de contrôle et état des lieux en 2022

Bref, le document Prévention du risque d’exposition à l’amiante : bilan régional de l’action 2021 de contrôle des PCE est alarmant. La campagne régionale sera reconduite cette année, avec des contrevisites pour voir si les engagements des employeurs sont tenus. Espérons qu’il y aura eu une prise de conscience de la part des donneurs d’ordre et des professionnels PCE. Rappelons aussi qu’un accès public au risque amiante contribuerait à la sécurité de tous les Français, notamment lors de travaux chez des particuliers.

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